
Tout drôle !
J’ai fait cinq ans d’études post-bac à l’université Dauphine. J’ai pu y apprendre beaucoup sur la fameuse "économie de marché". Et revoir les professeurs de ma licence-maîtrise me met dans un drôle d’état.
La réunion organisée par l’association Défi-MSTCF m’a permis de me mettre au goût du jour. D’abord, le statut de mon université a changé. Alors que Dauphine sélectionnait ses élèves en toute illégalité, elle peut désormais agir de même en toute légalité. J’ai ensuite découvert la transformation de ma formation en Master, avec des abréviations à rallonge (M-L3-CCA ZXIPTU). En découvrant cela sur le grand écran, j’avais l’impression d’être chez l’ophtalmo, et que je devais déchiffrer de l’oeil gauche la formation choisie pour pouvoir y rentrer. Emergeant de cette réflexion, je vis deux jeunes étudiants entamer une saynète de Jean-Michel Ribes. Où ça parle lettres et écritures comptables, et où les deux jeunes hommes finissent par faire rencontrer leur corps. Sourires gênés autour de la table et dans la salle. Ce n’était ni l’endroit, ni le moment. Mais le syndrome "Star Ac" est partout ! « Je ne suis pas qu’un numéro comptable, je suis un homme libre ! » Ensuite vinrent les bouquets de fleurs pour les humbles étudiants dévoués. On se serait cru en pleine remise des récompenses à Cannes. Bref, le calvaire !
Mais heureusement, quelques professeurs émérites se trouvaient ainsi réunis. Ainsi, j’ai pu croisé mon prof de compta Jacques Richard. Je l’ai félicité pour son bel article du Monde diplo. Jacques Richard fut étonné que je lise le Monde diplomatique. Et moi, je m’étonnais de son étonnement. Ce qui fit, pour les matheux, un étonnement au carré.
Ensuite ma prof de mathématiques financières et directrice de la MSTCF, Mme Leutenegger, m’a pris pour un simple étudiant, alors que ça fait près de dix ans que j’ai quitté les bancs de l’université. Elle s’étonna de mon look juvénile. "Le botox, mon contrat-jeunesse !" lui rétorquais-je. Elle ne savait pas quelle tête faire. Les profs d’université ont un humour mesuré. Alors face à un ancien comptable, show-man et adepte de la joute verbale, ils ne savent plus sur quel pied danser.
Puis vint Francis Tabourin. Ce prof en informatique et systèmes d’information est un semeur de talent, sachant planter la petite graine de l’entendement dans nos esprits fertiles. Il a gardé ce pouvoir d’attraction sur les blondes qui souhaitent avoir leur année sans bosser l’UV. Incroyable !
Enfin, Monsieur Ermakoff, mon prof en sociologie des organisations. Je trouve qu’il ressemble de plus en plus à Houellebecq. Aujourd’hui, il enseigne des thèmes dictés : la mafia, la globalisation... Rien à voir avec son enseignement de première main sur la bureaucratie, la théorie des jeux, Bourdieu, etc.
Je pensais finir en ancien combattant en me rendant à cet anniversaire et je me retrouve explosif. Décidemment, mes professeurs ont nourri ma TNT sans s’en rendre compte. Et je me rends compte que j’ai bien grandi. Comme un tamagoshi !
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