
Sur la vie heureuse, de Sénèque
De vita beata [1] est une lettre ouverte [2] de Sénèque à son frère Gallion. Dans cette lettre, Sénèque remarque que la recherche d’une vie heureuse est commune à tous les êtres humains, et que peu y parvienne, faute d’en connaître la bonne méthode. La première erreur consiste à écouter et à suivre la foule. Car la foule n’est pas le chemin de la raison mais le chemin de l’imitation, de la coutume. Non seulement en suivant la foule, nous manquons la vie heureuse, mais en plus nous la faisons manquer à ceux qui commettrons l’erreur de nous suivre.
Deuxièmement, il faut rechercher un souverain bien, solide et permanent. En tant que stoïcien, Sénèque conseille de se conformer à la nature, c’est-à-dire à l’ordre naturel des choses. Beata vita est conveniens naturae suae. Que nous pouvons traduire, en suivant Descartes : la béatitude consiste à suivre l’ordre des choses, l’ordre du monde, et prendre en bonne part toutes les choses qui nous arrivent.
Le souverain bien est la connaissance du vrai, permettant un jugement droit et assuré. C’est au fond la vertu, c’est-à-dire une disposition constante qui porte à faire le bien et à éviter le mal, à vivre civilement.
Sénèque défend la pensée d’Epicure, sa « loi de la volupté » étant tout à fait proche de ce que les stoïciens nommaient la loi de la vertu.
Accusé de cupidité et d’adultère, Sénèque n’hésite pas à répondre à ceux qui objectent aux philosophes qu’ils ne vivent pas selon les règles qu’eux-mêmes prescrivent :
« L’homme véritable se doit d’admirer, même lorsqu’ils chutent, ceux qui entreprennent de grands efforts »
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[1] Sénèque, La vie heureuse (58), édition Arléa, 1995.
[2] Lettre ouverte : écrit polémique ou revendicatif adressé à quelqu’un en particulier, mais rendu public simultanément.



