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Politique - samedi 26 août 2006

Sortie de tranchées

Dominique Strauss-Kahn, ancien ministre de l’économie du gouvernement Jospin, est candidat à l’investiture socialiste. Ses idées séduiront-elles les militants ?

Lors d’une tribune [1] dans le quotidien le Monde, Dominique Strauss-Kahn présente ses axes de réforme : politique énergétique, modèle social et pratique des institutions.

Pas de révolution

Si Strauss-Kahn ne prévoit pas de faire la révolution, c’est qu’il se pose résolument comme un social-démocrate néo-classique. Ses préoccupations énergétiques [2] propulsent le candidat au rang d’homme d’Etat. En effet, peu d’hommes politique se risquent à débattre de sujets aussi spécifiques et néanmoins cruciaux, préférant les problèmes locaux ou les polémiques à la mode.

L’économie de la connaissance

DSK dévoile sa « seule stratégie gagnante, celle qui repose sur l’économie de la connaissance ». Il souhaite redonner une place primordiale à l’enseignement universitaire. Soit ! Mais on peut légitimement craindre que son souhait de « démocratiser l’enseignement supérieur », avec comme objectif 60% d’une classe d’âge à « Bac+3 » [3] ne fasse que renouveler l’échec d’un Bac pour tous et sans valeur. Mais voilà, le Bac pour tous, Strauss-Kahn trouve ça très bien pour l’économie de la connaissance...

Une France qui vieillit

La natalité française est en panne. Certes ! D’après DSK, rien ne sert d’encourager la relance de la natalité, si les Français n’ont pas confiance en l’avenir. Oui, mais dire « c’est l’immigration qui constitue la solution principale » mériterait une argumentation calibrée, étant donné le repli identitaire que connaît aujourd’hui notre pays. Strauss-Kahn, professeur agrégé de sciences économique et ancien ministre de l’Economie, devrait nous instruire. « Nous n’avons pas de chômage parce que nous aurions trop de bras ; nous avons trop peu de croissance parce que notre population ne croît pas assez ». Combattre une idée reçue par un raccourci de pensée n’est pas digne d’un enseignant, qui plus est candidat à la fonction suprême.

Retrouver le sens du mot démocratie

La France est tombée bien bas. Elle a oublié qu’elle a piqué l’idée de démocratie à la Grèce antique. Ne voulant pas attaquer la Constitution de la Ve République de front, en particulier sur l’élection du président de la République au suffrage universel, DSK critique la pratique des institutions. Rien de très nouveau...

Pour conclure, le candidat rappelle que la France aura besoin de l’Europe. Le Président devra donc avoir une vision européenne et une volonté de « faire l’Europe ». C’est la condition sine qua non pour la réussite de son projet. Sa conclusion peut faire frissonner les patrons ou bouillonner les gauchistes :

« En cas d’échec, nous prendrions le risque de redonner quelque sens à la révolution »

Après DSK, le déluge ?

Notes :

[1] Retrouver la volonté de faire, Dominique Strauss-Kahn, Le Monde, Jeudi 24 août, p. 12. Les citations sont extraites de cet article. Cet article est téléchargeable sur le site de DSK.http://www.blogdsk.net/dsk/files/tr...

[2] Selon DSK, l’après-pétrole se prépare aujourd’hui. Bâtir un politique énergétique européenne, économiser l’énergie, favoriser les énergies renouvelables sont les principales pistes proposées.

[3] Attention ! Cette citation n’est pas extraite de l’article analysé, mais des propositions sur l’éducation, consultable sur le site DSK2007 http://www.dsk2007.net/-Mes-proposi...

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