
Saloon du book
A quand la littérature sur ton i-pod ?
Vous avez vu l’affiche du Salon du Livre 2007 ? Cette jeune fille qui se met des bouquins contre les oreilles, comme pour écouter leurs mélodies. Il est bien difficile de rendre visuellement l’émotion que peut nous donner la lecture. Et pourtant, tous les ans, les publicitaires tentent d’immortaliser le salon du Livre. Alors qu’il suffirait de changer l’année. Pareil pour le festival de Cannes ou le salon de l’automobile. On ferait des économies de papier, croyez-moi !
Des livres, des livres, des livres !
Allez, passons au résumé. Dès l’arrivée au Salon du Livre, on est infantilisé : je suis tombé devant les vieux Pif Gadget de mon enfance. Difficile de ne pas résister au microscope en plastique... Mais surtout, une énormité vous assaille au Salon du Livre : le nombre de maisons d’édition. Les plus importantes trustent le centre de l’échiquier. Autour, gravitent des maisons régionales. Et puis plein de petites maisons d’éditions indépendantes sèment d’autres chemin d’écriture. Ce salon est une occasion unique : découvrir des auteurs en face à face, s’intéresser à de petites maisons d’édition, faire preuve de curiosité, en dehors des chemins balisés par les médias dominants.
C’est le bonheur de tout amoureux de la langue, de tout être attaché aux méandres du style, amourachés de l’esprit français. Alors qu’en est-il ? Déjà, j’ai été très surpris de la tournure régionale que prenait certaines thématiques du Saloon. J’ai trouvé le coin breton, le coin québécois, le coin des dédicaces, le coin indien, le coin gay... D’ailleurs, dois-je vous l’apprendre, cher public adoré ? Il existe une nouvelle niche marketing : le coin indien-gay ou Gay-indian ! Au saloon du book, tout est segmenté, comme en marketing. Les plus nuls sont évidemment placés près des toilettes !
Evidemment, rien ne vous oblige à cotoyer les inconnus. Vous pouvez choisir le chemin des dédicaces pipoles : Josiane Balasko, Jan Kounen, Roland Dumas et même Raphaël Enthoven [1] Votre vie peut changer, rien qu’en vous faisant dédicacé l’ouvrage !
Trop de livres tue le livre !
En tant que consommateur, nous sommes contraint par notre entourage. "Quoi, t’as pas lu le Da Vinci Code ?!?" L’attitude contraire, snobisme certain, impose à certains de lire des auteurs inconnus et de s’extasier, quitte à ignorer fièrement les classiques. Mais je parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre. Les djeuns semblent moins convaincus que leurs ainés par l’apport inégalable des livres. J’ai eu, à ce propos, une excellente discussion avec l’éditeur In Octavo. Le responsable de cette maison, ancien professeur, m’avouait qu’il ne fallait pas se moquer de Bernard Werber, car c’est l’un des derniers auteurs abordables pour nos lycéens. Mazette !
Et l’Inde ?
Ah, oui. L’Inde, puissance mise à l’honneur, pour fêter les 60 ans de son indépendance. Comme d’autres ferait des cadeaux, Gibert Joseph nous propose d’acheter tous les grands récits de l’Inde en Français : le Mahabaratha, le Ramayana, quelques védas, Buddha, Gandhi. Bref, il faut de l’argent pour se cultiver. J’étais content, je suis tombé sur une maison d’édition indienne publiant en français en Inde, les éditions Kailash. Avant de quitter Pondichéry, j’avais acheté quelques romans de cette édition. Délicieux !
Côté service public, France Télévision posait le débat de la littérature indienne. Les sièges du public avaient été pris d’assauts par des cohortes de personnes âgées. Comme si le public de Patrice Laffont, après Pyramide, s’était téléporté au saloon du book. Tous les sièges étaient pris. Et l’attention était à son comble. Une femme prenait la parole : "Ce roman, avant d’être un très grand roman indien, c’est, avant tout, un très grand roman !" Bref, ça filousophe sec ici. Le public ne ronflait pas, mais le coeur y était. Je vous passe les débats bobos, brassant de l’air, faussement professionnels. Ceci dit, on entend quelques conneries savoureuses, comme "l’incroyable poésie du déchirage d’affiches", bêtises grandioses qui maintiennent éveillés.
Surtout, au saloon du book, vous pouvez croiser Olivier Barrot. Oui, Olivier Barrot, le critique littéraire qui aime la vraie littérature. Mais si, ne me dites pas que vous ne savez pas qui c’est ? Allons ?! L’homme qui murmure qu’un jour il lira les livres, le jour où il arrivera à tourner une page sans se recoiffer. 1 livre, 1 jour. C’est pas compliqué à retenir, quand même !
Franchement, j’ai pu l’observer, le pépère. Eh bien, c’est pas pour faire ma pute, mais ce vendredi-là, je l’ai vu semblable à Mr Burns. C’est méchant et irraisonné. Mais ça vient tout seul. Comme si il était la mort rodant sur les livres. C’est une vision, ça ne s’explique pas !
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[1] Raphaël ! Rédacteur en chef de "Philosophie magazine" !! L’ex de Carla Bruni, enfin ! Vous connaissez pas l’histoire ? Ce vieux ragot... C’était dans le début des années 2000. La fille de BHL, Justine Lévy, se faisait piquer son mec, un prof de philo, Raphaël top-bogosse-et-tout, bonne éducation, la totale ! Raphaël piqué par cette connasse de Carla Bruni. Entre filles, y’a pas justice. "C’est pas parce que ton père est médiatique que je ne peux pas te piquer ton mec ! C’est toi la p*** !" Carla Bruni
Forum de discussion
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Objection, votre honneur !3 avril 2007 à 07:24, par El Ronchon
Ce que vous n’avez pas raté au Salon du Livre.
Les dédicaces qui tuent : HARFOUCH Omar, Interforum Editis, Mystères, scandales et fortune (Pascal Petiot Editions),
Eric Zemmour refourguait son « Premier sexe »
Dans la catégorie : « Merde ! J’ai raté... »
a. Le Dico non censuré des filles et des garçons, par Zuméo, Plon, b. Laissez-moi parler, par Halima Hamdane, Le Grand Souffle Éditions, c. L’avortement : la parole confisquée, Monique Hébrard, Parole et Silence, d. La Saga de la Maison Blanche, Jean-Luc Hees, Presses de la Renaissance.
Difficile à dire. Le choix est vaste, en terme de goüt au saloon : du coin du jardinier au manuel du massage. Tous les goûts sont dans la nature

Consommateur, tu es cerné ! La culture est à tes pieds !



