
Pour Bénureau
Depuis le décevant spectacle de François Rollin, j’avais hâte d’aller me poiler au théâtre. Je misais beaucoup sur le dernier spectacle de Didier Bénureau, Bobo, dont le titre joue avec nos petites plaies et la nouvelle catégorie beaucoup raillée, les bourgeois-bohèmes.
Dès le départ, l’artiste campe une bobo du 17ème arrondissement de Paris, venue prêcher son amour pour l’Afrique à des Soudanais qu’on imagine médusés. Elle se plaint de leur coutume de scier leurs belles forêts juste pour nourrir leurs familles, arguant l’effet de serre et la conséquence de ne pouvoir skier en-dessous de 2000 mètres. Bref c’est sarcastique. Il moque ensuite le communautarisme et les minorités invisibles.
Les fidèles y retrouveront "Jean-Coqueteau" et un remix de "Moralès". Quelques chansons et perruques ponctuent le spectacle. S’invitent, entre autres, des toqués de la modernité : une mamie harcellante simulant l’Alzheimer, un Belge évèque et travesti, un beauf sur-consommateur. Mais je n’en dis pas plus. J’ai fait le plein de bonne humeur, de moquerie contemporaine. L’humour est égrillard, caustique, sans aucune allusion à la politique. Avouons qu’une telle réussite suscite le respect.
Quant au comédien, il se défonce ! Les grimaces sont de la fête. Et ça sue, ça postillonne, ça éructe. Un grand moment d’humanité.
En plus, pour mes amis homosessualès, ce spectacle est garanti sans homophobie. L’occasion rêvée pour y traîner votre vieille tante !
Article précédent : Enculeurs de mouche(s) - le retour
Article suivant : Tout drôle !




