
Marly-Gomont n’est plus un coin paumé.
Le Parisien découvre un talent. Dans un article des pages spectacles (sic), le quotidien fait la part belle à Kamini, jeune musicien de 26 ans, « devenu célèbre grâce au net » [1]. Et oui, le talent ne suffit plus de nos jours, il faut du gros bouche-à-oreille.
Le même journal, dans une édition précédente [2], proposait de cliquer sur le site du jeune auteur. L’article indiquait que plus d’un million d’internautes avaient visionné le clip. Dans l’article d’aujourd’hui, on passe à deux millions !
Question pépettes, l’artiste n’a rien touché pour l’instant. Mais sa notoriété ouvre les apétits. La maire du village nous dit : « Sa chanson peut donner envie aux gens qui avaient des a priori sur notre région de venir la visiter ». Mais quand vous aurez visionné le clip, je crains que ça nous excite guère. Comme le confient les pipoles de Marly-Gomont, "sans mobylette, un adolescent ne peut rien faire ici, à part jouer au foot". Et sans ballon de foot, il se coupe les veines ?
Mais le pompon de la récupération est remporté par les patrons du Café de la Poterie : « Kamini est génial. Grâce à lui, on risque d’avoir de petites retombées. » Nous vivons bel et bien dans une société capitaliste. Et les artistes sont devenus des produits d’appel. Pfff !
Marly-Gomont n’est pas alter-mondialiste. Et le jeune Kamini a réussi à s’échapper du bled, sans mobylette. Chapeau l’artiste !
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[1] Le Parisien, 09/10/06, p. 34
[2] Le Parisien, 07/10/06, p. 12, rubrique Vous et le multimédia



