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Economie - mercredi 11 juillet 2007

Les impôts pour les nuls !

Je n’en peux plus de ces floraisons d’ouvrages "pour les nuls". Comme s’il n’y avait plus aucun spécialiste. Qu’on était tous devenus des gros nuls.

En fait, j’attend avec impatience "l’intelligence pour les nuls".

Tout ça pour dire que j’ai reçu un mail très pédagogique, pour expliquer le fonctionnement des impôts aux nuls !

L’origine semble américaine mais, sur internet, on ne peut jurer de rien !

Voici un texte provenant d’un professeur américain qui essaye d’expliquer à ses élèves le système des impôts ...

« Les impôts semblent s’expliquer par une logique simple. Mais beaucoup ne la saisissent toujours pas. Comme c’est la saison des taxes, laissez-moi vous expliquer en des termes que tout le monde peut comprendre.

Supposons que tous les jours 10 hommes se retrouvent pour boire une bière et que l’addition se monte à 100 $. (Normalement 10 $ chacun).

S’ils payaient la note de la même façon que l’on paye les impôts, cela donnerait à peu près ceci :
- Les 4 premiers (les plus pauvres !?), ne payeraient rien.
- Le cinquième payerait 1 $
- Le sixième payerait 3 $
- Le septième payerait 7 $
- Le huitième payerait 12 $
- Le neuvième payerait 18 $
- Le dernier (le plus riche ?!) devrait payer 59 $.

Ils décidèrent de procéder comme décrit ci-dessus. Les dix hommes se retrouvèrent chaque jour pour boire leur bière et semblèrent assez contents de leur arrangement. Jusqu’au jour ou le tenancier les plaça devant un dilemme : « Comme vous êtes de bons clients, dit-il, j’ai décidé de vous faire une remise de 20$. Vous ne payerez donc vos 10 bières que 80$ »

Le groupe décida de continuer à payer la nouvelle somme de la même façon qu’ils auraient payé leurs taxes. Les quatre premiers continuèrent à boire gratuitement. Mais comment les six autres, (les clients payants), allaient-ils diviser les 20$ de remise de façon équitable ? Ils réalisèrent que 20$ divisé par 6 faisaient 3,33$.

Mais s’ils soustrayaient cette somme de leur partage alors le 5ème et 6 ème homme devraient être payés pour boire leur bière.

Le tenancier du bar suggéra qu’il serait équitable d’appliquer un pourcentage de réduction plus important pour les plus "pauvres" et de réduire l’addition comme suit : Alors ? Le 5° homme, comme les quatre premiers ne paya plus rien. (Un pauvre de plus ?Ndt)

- Le 6° paya 2 $ au lieu de 3 (33% de réduction)
- Le 7° paya 5 $ au lieu de 7 (28% de réduction)
- Le 8° paya 9 $ au lieu de 12 (25% de réduction)
- Le 9° paya 14 $ au lieu de 18 (22% de réduction)
- Le 10° paya 49 $ au lieu de 59 $ (16% de réduction)

Chacun des six « payants » paya moins qu’avant et les 4 premiers continuèrent à boire gratuitement.

Mais une fois hors du bar, chacun compara son économie : « J’ai seulement eu 1 $ sur les 20 $ de remise », dit le 6°, il désigna le 10° « Lui il a eu 10 $ ».

« ouais ! dit le 5°, j’ai seulement eu 1 $ d’économie aussi »

« C’est vrai ! » s’exclama le 7°, « pourquoi aurait-il 10 $ alors que je n’en ai eu que 2 ? Le plus riche a eu le plus gros de la réduction »

« Attendez une minute » cria le 1° homme à l’unisson, « Nous quatre n’avons rien eu du tout. Le système exploite les pauvres »

Les 9 hommes cernèrent le 10° et l’insultèrent.

La nuit suivante le 10° homme (le plus riche ?!) ne vint pas.

Les neuf autres s’assirent et burent leur bière sans lui. Mais quand vint le moment de payer leur note ils découvrirent quelque chose d’important : Ils n’avaient pas assez d’argent pour payer ne serait-ce que la moitié de l’addition.

Et cela, garçons et filles, journalistes et collègues, professeurs, est le reflet de notre système d’imposition. Les gens qui payent le plus de taxes tirent le plus de bénéfice d’une réduction de taxe.

Taxez les plus fort, accusez-les d’être riches et ils risquent de ne plus se montrer désormais. En fait ils pourraient commencer à aller boire à l’étranger où l’atmosphère est, comment dire, plus amicale.

Pour ceux qui ont compris, aucune explication est nécessaire.

Pour ceux qui n’ont pas compris, aucune explication n’est possible.

Signé :

David R. Kamerschen, Ph.D. Professeur d’économie, University of Georgia, USA

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Il y a 1 sujet et 1 message en réponse à cet article.
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  • Voyez la République boursoulave
    22 février 2009 à 21:09, par Guy Leboutte

    Cette fable faussement pénétrante ne convaincra en effet que les convertis. Une des impasses logiques de base est la croyance libérale officielle qui construit une macro-économie en-dehors de toute analyse de la société ou de la culture, en postulant un individu séparé du social mais au psychisme porteur par essence (d’une manière inexpliquée et inexplicable) de toute la culture de la classe dominante.

    Autrement dit, allez trouver dix amis dont les revenus se distribuent conformément aux revenus postulés par l’histoire et qui se voient autour d’un verre une fois par jour. Ce groupe n’existe pas.

    Même les quatre ou les cinq qui pourraient être de bonne entente, puisqu’en toute hypothèse ils partage une certaine communauté de condition, n’existent pas en termes statistiquement pertinents, en raison de la guerre qui règne entre les pauvres eux-mêmes. Les appointés contre les salariés, les titulaires de CDI contre les temporaires, les retraités contre les actifs, les actifs contre les chômeurs (ces deux dernières guerres étant postulées notamment par le système de retraites par capitalisation), les hommes contre les femmes, tous contre les immigrés, européens, non européens, sans papiers...

    Par ailleurs la progressivité de l’impôt, prise comme cible et considérée implicitement comme injuste ou inefficace par le docteur K., ne s’applique qu’au revenu des personnes physiques (IPP), et pas aux autres financements de l’Etat. La TVA, qui représente un volume de deux à quatre fois la recette de l’IPP, selon les pays, fonctionne elle comme un impôt « dégressif », avec un taux, rapporté au revenu, qui s’accroît inversement à ce dernier ! Un pauvre paie plus de TVA, en pour-cent de son revenu, qu’un riche. Et l’impôt sur les sociétés est proportionnel - en-dehors bien entendu d’une série de cadeaux aussi variables de pays à pays que nécessaires aux devoirs de l’amitié universelle : « bouclier fiscal » en France, « intérêts notionnels » - un chef d’oeuvre de créativité – en Belgique, etc. N’oublions pas que les possibilités d’éluder l’impôt sont réelles, légales, et immensément plus que proportionnelles aux revenus. En particulier, les abattements octroyés à ceux qui ont la douleur d’être propriétaires de biens mobiliers et immobiliers sont légion, la plus-value boursière est exonérée d’impôts, l’ingénierie fiscale, locale et internationale, n’est pas encore un privilège des pauvres et j’en passe.

    Une milliardaire étasunienne dont le nom m’échappe se plaisait à dire : « L’impôt, je ne le paie pas, c’est pour les pauvres ».

    Il faut donc une myopie certaine, non traitée et souvent incurable, pour considérer que la fable des dix amis présente « le strict reflet de notre système d’imposition ».

    La petite histoire du docteur Kamerschen, qui en rajoute sur son taux de contradiction interne avec la confusion entre réduction en termes relatifs et réduction en termes absolus, n’exprime rien d’autre que l’acharnement du camp de la richesse à n’en avoir jamais assez, un acharnement qu’aucune « auto-régulation » ne limite, et que même la ruine générale à laquelle il mène de façon récurrente ne peut modérer. Seuls le krach majeur en 1929, une guerre mondiale, la menace de l’épouvantail communiste expropriateur et la grâce d’une croissance propre à un nouveau cycle d’accumulation ont pu pendant les « trente glorieuses », d’une façon exceptionnelle et provisoire, humaniser le capitalisme occidental.

    Les riches aimeraient nous faire croire que l’iniquité de l’impôt les aurait chassés depuis longtemps s’ils n’étaient patriotes. Eh bien, qu’ils s’en aillent ! Nous allons leur créer une république off-shore, la Boursoulavie, un territoire d’où tous les pauvres seront absolument exclus, et où ils pourront émigrer avec armes et bagages, une fois la totalité de leurs biens réalisés en une monnaie boursoulave qui sera, afin d’assurer la pureté de la démonstration, provisoirement inconvertible.

    Cette république peuplée exclusivement de libéraux convaincus, qu’aucun système d’assistance publique n’a jamais contaminés, voués corps et âme aux bienfaits de la concurrence, donnera à l’humanité une leçon définitive de bonne « gouvernance », de réelle justice et de démocratie insurpassable, autant dire de bonheur collectif, à laquelle les peuples du monde ne manqueront pas de se convertir dans l’enthousiasme d’ici un délai de vingt ans tout au plus. Tel est du moins le projet de ces pionniers de la nouvelle frontière historique.

    Je décris les surprises de leur expérience, qui ne surprendront pas tout le monde, dans un roman à paraître en 2010. Sans lever le voile, je vous invite simplement à vous demander comment les citoyens boursoulaves réussiront à satisfaire leur soif, non seulement de justice, mais aussi de bière à quelques euros le verre, et de vin à deux cents la bouteille.

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