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Pipole - vendredi 15 octobre 2004

Le mythe Montand en descente, coincé entre Catherine A. et Marilyn M.

Cette semaine, Sainte Nitouche s’est régalée. D’abord Yves Montant [1] est tiré vers le bas par sa descendance, ensuite Jean-Claude Brialy était de sortie. De quoi remplir son escarcelle.

C’est Catherine Allegret qui sort du bois. La fille de Simone Signoret et du cinéaste Yves Allégret n’aime pas qu’on lui vole sa vérité. Que son fils sorte un livre avec des échantillons de son secret passe encore. Mais que Paris Match aille plus loin que son fils dans les révélations ça non ! Et la comédienne réplique donc dans un livre. Ni une ni deux, Paris Match contre attaque dans son numéro du 7 au 13 octobre 2004. « L’outrage fait à Montant » titre le magazine.

Paris Match est clairement en guerre contre les révélations de Catherine Allegret. La sérénité n’est donc jamais acquise, s’insurge en substance le mag-pipole-classe. Paris Match a sans doute été trop loin dans la présentation de certains faits : titres racoleurs lors de la sortie du livre de Benjamin Castaldi [2], l’héritier - à double titre - des secrets de stars. Catherine Allégret accuse tout simplement Paris Match de sensationnalisme de bas étage. Elle pourrait les accuser tant qu’elle y est d’avoir couvert le livre de son fils aussi brillamment. Car rien ne vaut un commentaire de trop pour justifier l’achalandage des livres. Jérôme Béglé prend la défense de Benjamin ; le pauvre petit se prend un boomerang familial dans les dents. Car son coup médiatique lui coûte l’absence de sa mère à son mariage, et une demande en droits d’auteur pour la préface. Les temps sont durs pour Catherine Allegret, car Irène Frain, toujours dans Paris Match, assène le coup fatal : il aurait suffit pour mettre fin à tout ce cirque que Catherine Allegret soit bonne comédienne. En comparant l’incomparable, Irène Frain exécute un très beau raccourci de pensée. Déjà elle remet beaucoup en cause le traumatisme de Catherine, et invoque le « même si c’était vrai » :

« Une autre actrice quant à elle violée de façon certaine à l’âge de 9 ans, s’y prit bien autrement pour devenir une star. Elle n’alla pas crier son drame sur tous les toits mais s’appliqua, avant qu’on ne l’assassine, à le convertir en un festival de séduction comme on n’en avait jamais vu jusque-là au cinéma. La fille s’appelait Norman Jean ; on la connut à l’écran sous le nom de Marilyn.(...) Bon Dieu mais c’est bien sûr ! la voici, la vraie rivale ! Malheureusement, toutes les petites filles tristes, violées ou pas, ne sont pas Norma Jean ; et il faut se lever de bonne heure avant d’égaler en sublime la grâce de Marilyn » [3]

Si Catherine n’avait pas fini sa thérapie, maintenant elle a des raisons de la continuer. Merci Irène ! De la grosse artillerie, avec perfidie. On est toujours dans « vendre sa vérité », puisque selon Jérome Béglé : Catherine Allégret aurait touché de Fayart quelques 100 000 €. De son côté, « [Benjamin Castaldi] était sincère et maladroit. Il a compris un peu tard qu’il avait été manipulé ». Montand n’étant plus là voilà sans doute comment les enfants et petits-enfants font fructifier le capital de leurs dignes ancêtres.

Tu quoque mi fili C’est donc comme ça que l’on achève le Papet. Après le doublé familial, ou la grand mère Simone Signoret n’évitait pas le coup de bambou. Que sa fille qui doit lui faire honte. Brrr j’en ai froid dans le dos. Mais c’est là que les propos de Jean-Claude Brialy éclaire le mythe Montant. Si je puis proposer une hypothèse : les enfants et petits-enfants de Montand ont tout simplement intégrés les valeurs du papet. Car celui-ci fut sans doute l’un des derniers communistes roublards et bien payés... A l’engagement de Montand, le bon vieux Jean -Claude répond par les chiffres : « Montand prend 800 000 Francs [≈ 122 000 €] pour donner une interview exclusive à Anne Sinclair, et la première chose qu’il dit aux Français dans l’émission, c’est : serrez-vous la ceinture ! Je trouve ça un peu malhonnête »

Notes :

[1] Montant, un nom prédestiné ? Que nenni ! L’acteur raconte dans le film Trois place pour le 26 comment sa mère l’appelait de son balcon, lui Yvo Livi « Yvo, monte en haut ! » criait-elle. Yvo Montant. De cet épisode est né son nom de scène

[2] Benjamin Castaldi, fils des comédiens Jean-Pierre Castaldi et Catherine Allégret. Animateur du Loft et sur Europe 1, après des débuts chez Michel Drucker. (Michel si tu m’entends ! ;-)

[3] Paris Match n°2890, du 7 au 13 octobre 2004, p. 46


(JPG : 262.7 ko) - MAJ le 3 décembre 2007
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