
"La raison du plus faible" n’est décidemment pas la meilleure
Ici pas de plume dans le cul donc. Certes nous avons des anciens ouvriers, au chômage. Un plat pays. Des gens chaleureux malgré la misère. Mais là, pas de Full Monty. Pour s’en sortir nos valeureux ont décidés de faire un casse. Surtout pour permettre à l’un de leurs camarades d’offir un scooter à sa belle. Comme dit un spectateur en sortant, "tout ça pour un scooter !". Car on se doute bien que l’histoire ne finit pas bien. Les honnêtes gens n’ont pas de chance...

- LES COPAINS D’ABORD
Après avoir tenté un loto national (belge, une fois), ils décident donc de prendre l’argent, là où il se trouve. Mais ce n’est pas l’intrigue qui demeure la clé du film. C’est la manière de filmer le nord, la vie de brave gens. Belvaux adopte un regard très tendre sur les damnés modernes de la terre, ceux qui ont avalés les louanges grotesques. Ces aristocrates de la sidérurgie ont vu leur métier délocalisé, ils ont été remerciés. Et ils n’ont plus qu’à s’asseoir sur leurs privilèges. Le parallèle avec Ken Loach est naturel.

- UN PRIX D’INTERPRETATIONS POUR LES PIEDS NICKELES ?
D’aucuns diront qu’il s’agit d’un film social. Rien à voir avec la vocation du cinéma. Oui mais l’art pour l’art a ses limites. C’est moins dérangeant de filmer Marie-Antoinette en string que de rappeler aux snobinards de la croisette une réalité. Evidemment, un tel film ne fait pas rêver. Il ne correspond pas aux paillettes que le cinema déverse à Cannes. Ben moi j’aime bien les films forts, sur les rapports simples. Alors je dis oui à Lucas Belvaux, même s’il a peu de chance de remporter la palme.
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