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Médias - vendredi 29 juin 2007

La pipe tue !

Libération ne rate pas une occasion d’informer ses lecteurs sur les progrès de la science. Y aurait-il un lien entre la fellation et le cancer de la gorge ?

Sous la catégorie Médecine, la journaliste de Libération, Emmanuelle Peyret, nous fait rire à gorge déployée :

La pipe nuit gravement à la santé

Le sexe oral provoquerait des cancers de la gorge.

Mieux vaut une clope qu’une petite pipe ? C’est en tout cas ce que semblent conclure deux chercheurs de l’université John Hopkins à Baltimore qui, le mois dernier, ont trouvé un facteur de risque supplémentaire à pratiquer des cochonneries avec autrui. Et l’ont publié dans le très sérieux New England Journal of Medecine . En substance, si l’on ose dire, avoir des relations bucco-génitales (fellation ou cunnilingus, tu veux un dessin, aussi ?) avec plusieurs partenaires augmente le risque de développer une forme de cancer de la gorge assez rare, à cause des ­ papillomavirus humains (la maladie sexuellement transmissible la plus fréquente dont on ne connaît pas la période de latence).

L’étude est formelle : plus il y a de partenaires, plus il y a de risques. 30 % des adultes sexuellement actifs sont atteints de ces papillomavirus, responsables de nombreux cancers du col de l’utérus. Eh bien, les voici donc mis en cause par Maura Gillison et ses collègues (puritains ou purement scientifiques, on ne saura jamais) : s’appuyant sur un échantillon de cent hommes et femmes infectés par le virus, ils ont démontré que ces cobayes avaient 32 fois plus de risques de développer un cancer que quelqu’un qui n’est pas infecté, un taux trois fois plus élevé que pour les fumeurs et deux fois et demi plus élevé que pour les consommateurs d’alcool.

La fellation et le cunnilingus, que l’on résumera pudiquement par « sexe oral », plus dangereux que l’alcool et le tabac ? Pas vraiment, en fait, cette étude ne portant, rappelons-le, que sur une forme rare du cancer de la gorge, situé à l’arrière de la gorge (oropharynx, pour ceux qui veulent faire les malins, du style « Ah ! non ! Pas de turlute, pense un peu à mon oropharynx » ), soit 20 % des cancers ORL. Les cancers de la bouche, du larynx et du pharynx sont, eux, bien dus à ces deux autres vices que sont l’alcool et le tabac.

Quoi faire, à part tout arrêter et rester fidèle comme un loup ? Comme pour le VIH (un risque de contamination, même infime, existe par voie buccogénitale, rappelons-le), se protéger. Et se ­lamenter que, décidément, l’oralité est sévèrement réprimée.

Libération, jeudi 28 juin 2007

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