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Politique - mardi 13 mars 2007

La mafia des parrainages

Les partis majoritaires limitent l’hémorragie des petits candidats. Pas de parrainage de petits candidats. Tant pis pour la démocratie !

Tout candidat à l’élection présidentielle doit rassembler 500 signatures de maires. En réalité, la règle exacte est un peu plus pointilleuse que ce raccourci-clavier. Le Monde [1] nous rappelle dans le détail la règle :

"Depuis 1976, un candidat à l’élection présidentielle doit avoir obtenu au moins 500 signatures d’élus émanant d’au moins 30 départements métropolitains ou collectivités d’outre-mer - sans que plus du dixième de ces 500 noms proviennent d’un même département.(...)

Les élus habilités à signer sont les députés, sénateurs, parlementaires européens, conseillers régionaux, conseillers généraux, maires, présidents des intercommunalités, conseillers à l’Assemblée de Corse, membres du congrès et des assemblées de provinces de Nouvelle-Calédonie, membres de l’Assemblée de la Polynésie française. Soit, en tout, un vivier de 47 462 personnes."

Un peu de précision ne fait pas de mal. Pour les textes d’origines, allez faire un tour chez Maître Eolas [2]. Seuls les maires peuvent vraisemblablement être élus sans étiquette, donc susceptibles de parrainer un petit candidat à l’élection présidentielle. Et les maires représentent 36 695 signataires.

Le chiffre qui tue : en 2002, 89,4 % des maires ayant signé pour Jean-Marie Le Pen administraient une commune de moins de 500 habitants [3]. Et la liste des parrainages fut rendue publique par le Conseil constitutionnel lors de cette élection. Pour l’élection 2007, 500 noms de parrains seront tirés au sort et publiés au Journal officiel. Ainsi, les maires prennent toujours un risque par rapport aux électeurs : leur parrainage ne vaut pas vote, mais peut être interprété comme tel par les concitoyens. Un très bon article du Monde [4] montre combien les citoyens aiment harceler leurs maires après un parrainage fâcheux. Ainsi, plusieurs maires [5] ayant parrainé Jean-Marie Le Pen en 2002, ne parrainent personne en 2007. La Constitution avait-elle prévue ces effets pervers ? La solution est pourtant simple : garantir l’anonymat des parrainages. Le citoyen a bien le droit à son isoloir, pourquoi les maires n’y auraient pas droit ?

"Il ne faut pas mercantiliser la démocratie"

Sur LCI, un petit candidat remporte le parrainage d’un maire contre 1550 euros. Qui dit mieux ? On est en pleine démonstration. Le petit candidat, Rachid Nekkaz [6] souhaite acheter le parrainage d’André Garrec, maire de Noron-la-Poterie. Après avoir signé un chèque de 1550 Euros, il déchire le parrainage échangé, tout dégoûté qu’un maire soit "obligé" de vendre sa signature. Concernant la vente, Valérie Expert (pfff) nous dit que le Conseil constitutionnel pense que cela est légal mais qu’il y a un "délit de corruption passive" en cas de parrainage monnayé. On ne pouffe pas, s’il vous plait ! Devant tout ce show organisé, le jovial maire de Noron-la-poterie assume son rôle et compare l’acte du candidat à Gainsbourg allumant naguère un Pascal [7]. Puisque "Tout est publicité !", aujourd’hui il faut passer à la télé !

Hier soir à Mots Croisés :

- Arlette Laguiller : Vous dites que l’immigration est un problème du XXe siècle. En réalité c’est un problème qui existe depuis le début de l’humanité.

- Marine Le Pen : Donc vous reconnaissez que l’immigration est un problème !?!

Notes :

[1] "Petits candidats cherchent maires", Xavier Ternisien, Le Monde, 08/03/07

[2] "En réalité, c’est une erreur de parler de parrainages. La loi parle de présentation." http://maitre.eolas.free.fr/journal...

[3] selon une étude de l’IFOP, reprise dans l’article précédemment cité

[4] "En 2002, j’avais signé pour Le Pen...", Xavier Ternisien, Le Monde, 08/03/07, p. 3

[5] Sur cinq témoignages, trois ne vont soutenir personne. Un autre change de parrainage. Et le dernier maire réitère l’expérience.

[6] "candidat des quartiers populaires, des campagnes qui sont discriminés." Mais qui n’a pas assez de signatures.

[7] Billet de 500 Francs, Ndlr

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Il y a 1 sujet et 1 message en réponse à cet article.
Réagir à cet article
  • La mafia des parrainages
    19 mars 2007 à 16:26, par El Ronchon
    Encore une fois, maître Eolas s’élève au-dessus de la mélée des commentaires, avec son article Association de malfaiteurs. Vous saurez tout, tout, tout, sur le le délit de corruption passive ou active. LCI et Valérie Expert en prison !!
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