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Philosophie - samedi 29 juillet 2006

La crise de l’éducation, Hannah Arendt

« Notre héritage n’est précédé d’aucun testament » : c’est sur cette citation de René Char que commence la Crise de la Culture [1] dans lequel sont analysées les crises qui affectent les sociétés occidentales, dont la crise de l’éducation.

Les théories pédagogiques modernes et les pseudo-sciences de l’éducation se sont imposées comme une véritable idéologie de politique technique au sein de l’école, chassant peu à peu la culture et la pluridisciplinarité des matières dans tous les parcours scolaires.

Dans la crise de l’éducation, Hanna Arendt analyse le système scolaire américain des années cinquante, pour souligner la contradiction pour un grand pays d’immigration, composé lui-même d’anciens migrants, à être incapable d’assimiler les nouveaux arrivants et de proposer à tous les mêmes chances de réussites scolaire et professionnelle.

La crise de l’éducation tient à trois causes :

  • la première est la croyance fausse en un « monde des enfants », coexistant en parallèle du monde des adultes. Or, que sont les enfants sinon des postulants à l’humanité ? La crise scolaire tient à ce que l’on laisse l’enfant se gouverner lui-même et décider de lui-même ce qui est bon pour lui. Cette idée fausse est catastrophique : accroissement de la délinquance, du communautarisme, de l’isolement et de la tyrannie du groupe.
  • la seconde cause est que le savoir-faire est plus important que le savoir lui-même : le but de l’école n’est plus de former des individus libres, mais de produire des techniciens et des employés afin d’alimenter l’économie de masse.
  • la troisième cause est l’uniformisation de l’école par une inculture de masse ; l’école devient une fabrique d’élèves médiocres. Ces élèves médiocres sont formés par des professeurs eux-mêmes médiocres car hâtivement formés, peu compétents et surtout trop généralistes.

Hannah Arendt montre que l’école américaine n’est plus un lieu transitoire de l’espace privé des familles à l’espace public des citoyens, que l’école n’est plus l’entrée dans le monde adulte de l’autonomie mais dans le monde technique du chaos. Enfin, l’école n’est plus un lieu de transmission de la culture et de la citoyenneté.

Notes :

[1] Hannah Arendt, la crise de la culture, 1954, folio essais poche.

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