
La Foire aux ragots
Pierre Vavasseur [1] est un grand journaliste. Et Le Parisien l’a choisi pour nous rendre compte de la 25e édition de la Foire du livre de Brive-La-Gaillarde [2]. Ce journaliste est le roi du copier-coller, il n’a pas son pareil pour juxtaposer des infos qui n’ont rien à voir. Pour preuve la deuxième phrase de son papier : « Cette année, deux éléments ont changé la donne, dissuadant éditeurs et jurés de se rendre dans la cité corrézienne : l’exclusion de Madeleine Chapsal, lundi dernier, du prix Femina pour avoir raconté des broutilles de délibérations dans son Journal d’hier et d’aujourd’hui, chez Fayard ; puis la sortie, sous le même pavillon, des carnets du critique Jacques Brenner. » Comme si les éditeurs renonçaient à une foire bien commerciale face à quelques tempêtes germanopratines.
Et un Doc Gynéco pour l’hystérique, un !
Mais c’est là son moindre forfait. Il s’attarde ensuite sur l’hystérique Christine Angot. Christine Angot préfère "s’abreuver de décibels au Cardinal, la boîte briviste où les éminences de la littérature viennent danser jusqu’à l’aube. La première nuit, Christine s’est déchaînée sur du Claude François. La seconde, elle s’est langoureusement lovée dans les bras de Doc Gynéco pour un slow d’enfer. Tout le monde assure qu’ils sont repartis ensemble." Et on imagine le rédac-chef transpirant :
« Ca c’est de l’info Coco, vas-y balance. C’est ça que les gens veulent. Du pipole. La littérature, on n’en a rien à foutre. Et Bernadette Chirac à poil sur la piste, t’as les photos ? »
Certes il y a le gag d’Azouz Begag, ministre à la Promotion de l’égalité des chances - Ah Ah Ah ! Ah ? C’est pas là qu’il faut rire ?
Le ministre raconte "avec enthousiasme comment c’est à Brive qu’il écrivit à Dominique de Villepin, alors ministre des Affaires étrangères, un message griffonné sur une serviette en papier : « Je voudrais bien être ambassadeur de France, n’importe où dans le monde. » Et Villepin de répondre : « Même sur une autre planète ? »" Après Shirley et Dino, Dom & Azouz ! On est vraiment bien gouverné... Le One-man show d’Azouz Begag est en ligne ! C’est la dernière vidéo en bas à droite de la page. Vous y découvrirez un politique comme on les aime, brassant de l’air...

- JEAN D’ORMESSON A LA GARE DE BRIVE. CA C’EST DE L’INFO, COCO !
On finira avec le chronomètre de la littérature. Toujours dans l’article de Vavasseur, on apprend que Jonathan Littell, heureux prix Goncourt 2006 pour Les bienveillantes [3] a écrit 903 pages en quatre mois. Loin derrière Stendhal qui écrivit la Chartreuse de Parme en 53 jours et Balzac Le Père Goriot en 40 jours. Et Pierre Vavasseur, il a torché son article en combien de minutes ?
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[1] Responsable du service culture au Parisien, auteur de trois romans, ancien jury au festival de Cannes
[2] Le Parisien, "Christine Angot a même dansé un slow", 06/11/06, p. 37
[3] Philippe Sollers a aimé le bouquin, il en parle dans son journal du mois, publié par le JDD et consultable en ligne. Sollers se pose des questions :"Question : comment être une femme lorsqu’on est un homme ? La sodomie y suffit-elle ? Le héros jouit rarement, mais parfois de façon très claire. Ainsi à Paris, en 1943, ce SS cultivé, qui lit Maurice Blanchot et fréquente Brasillach et Rebatet, raconte son expérience : « Je descendis vers Pigalle et retrouvai un petit bar que je connaissais bien : assis au comptoir, je commandai un cognac et attendis. Ce ne fut pas long, et je ramenai le garçon à mon hôtel. Sous sa casquette, il avait les cheveux bouclés, désordonnés ; un duvet léger lui couvrait le ventre et brunissait en boucles sur sa poitrine ; sa peau mate éveillait en moi une envie furieuse de bouche et de cul. Il était comme je les aimais, taciturne et disponible. Pour lui, mon cul s’ouvrit comme une fleur, et lorsqu’enfin il m’enfila, une boule de lumière blanche se mit à grandir à la base de mon épine dorsale, remonta lentement mon dos, et annula ma tête. Et ce soir-là, plus que jamais, il me semblait que je répondais directement à ma soeur, me l’incorporant, qu’elle l’acceptât ou non. Ce qui se passait dans mon corps, sous les mains et la verge de ce garçon inconnu, me bouleversait. Lorsque ce fut fini, je le renvoyai mais je ne m’endormis pas, je restai couché là sur les draps froissés, nu et étalé comme un gosse anéanti de bonheur. » Comme quoi, malgré la défaite et l’humiliation de l’Occupation, la verge française gardait encore sa vigueur." Et Sollers a gardé sa verdeur !



