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Festival de Cannes - vendredi 26 mai 2006

Jeudi noir pour El Ronchon. Bonjour la Frustracion !

La terrasse du Noga, dernier repère pour fuir les "Indigènes"

La journée de jeudi commençait plutôt bien. Un beau soleil brillait, tandis qu’à Paris on remettait le chauffage. Je commençais par me rendre au Noga Hilton, palace défraîchi, pour ma bronzette annuelle au milieu des stars. Une transat’ réservée, une terrasse, une piscine...

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PISCINE DU NOGA HILTON, LE RENDEZ-VOUS DES STARS

Pas besoin de grand chose pour me redonner le sourire. Plouf dans la piscine. Puis bronzette. Un verre de rosé frais à la main, je me disais que la vie devait être très âpre pour les milliardaires. J’étais bien. J’avais décidé de snober la projection d’Indigènes. Et cette liberté que je m’offrais me mettait tout simplement en joie. La pression des chroniquettes de la croisette m’exténuait. J’avais vraiment besoin de faire un break. Et puis comme me disent mes amis saoudiens, trop de champagne tue le champagne. Sans doute avais-je un peu honte de mon niveau de vie après mon bain de prolos belges (> voir La raison du plus faible), et je me devais - pour mon intégrité - faire œuvre de pénitence. C’était décidé : pas de ketchup avec mes frites ce midi. J’ai surpris, dans le regard de mes congénères nouveaux riches, comme une admiration, derrière leurs ray ban embuées par l’émotion et les éclaboussures du jacuzzi.

Puis après ce sacrifice digne de Marie-Antoinette, je décidai de me rendre à la leçon de cinéma de Sidney Pollack [1] animée par Michel Ciment [2]. J’allais me régaler... Seulement voilà, la salle était blindée. Seuls quelques pipoles et autres VIP du cinéma pouvaient forcer le barrage des gardes du palais. Dur, dur... Primera frustracion. La seconde frustration vint sans crier gare quand je me rendis compte que j’avais tout simplement perdu mon invitation pour la proyeccion de « l’ami de la famille » de Paolo Sorrentino. Grrr ! « Yé mé venzerai ! » criai-je aux badauts, tout occupés à mater les plages de mini-stars.

Me venger... De qui, de quoi ? je ne sais pas ! Mais c’est bien les nerfs en pelote que je rejoignais mes pénates pour stratégiser à max la soirée. Je feuilletais mes journaux quand soudain fiat lux ! Bingo même, Keanu Reeves, le héros qui matrix le cerveau, fait une apparition sur la croisette pour « A scanner darkly » de Richard Linklater. J’enfile une humble tenue de fête et cours me mélanger aux festivalliers.

Notes :

[1] On achève bien les chevaux (1969), Tootsie (1982), Out of Africa (1985), La Firme (1993)

[2] Me gusta mucho Michel Ciment. Directeur de Positif, il est mon critique préféré au Masque et la Plume

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