
"Je ne suis pas assez rancunière"
Gros week-end politique. La vidéo-pirate assassinant Ségolène Royal a fait le tour des rédactions parisiennes. L’accusée "déplore des méthode de fin de campagne", dans l’interview du JDD [1]. Dans cette interview, pas de doute ; Ségolène est la candidate naturelle du PS. Toutes ses réponses vont dans ce sens. Premier point , c’est une femme. Et, en cela, elle sait caresser son électorat :
« Le jour où trois femmes démocrates émergent aux Etats-Unis, on apprend qu’en France, une femme est violée toutes les deux heures. » Ségolène Royal
Ca ressemble à un gros raccourci-clavier. Aucun rapport avec la choucroute. Et on se demande comment l’élection d’une femme fera baisser de telles violences. Mais passons. Madame Royal veut être élue dès le premier tour, puis être choisie par toutes les Françaises et tous les Français. « La désignation du candidat, largement et dès le premier tour, est indispensable pour combattre la droite et les dégâts de sa politique. » Tout laisse à penser qu’un second tour au PS pourait être surprenant, suite à certaines alliances contre Ségolène. Mais la conviction de la candidate semble directement liée aux flots des sondages. « Je suis la seule à pouvoir l’emporter sur la droite » assène-t-elle. C’est la méthode Coué, son truc.
JDD : Nicolas Sarkozy ne vous fait-il pas peur ?
S.R. : Mais c’est aux Français qu’il fait peur !
Bel exemple de langue de bois. Royal ne répond pas à la question. A priori, non, Sarkozy ne lui fait pas peur, mais elle aime bien faire peur aux Français avec Sarkozy...
Baptisée Lady Nunuche par Jean-Marie Le Pen, elle n’a (heureusement) aucune tendresse pour le dirigeant du Front national. Pour son vrai-faux souci de signatures, "c’est son problème". Elle avoue s’adresser à tous les électeurs car « le Front national n’est propriétaire d’aucun électeur. L’important c’est d’être vrai [2]. Je ne veux pas revivre le 21 avril 2004. » Et nous, si !! Mais, si on croit au pronostic d’Emmanuel Todd, elle aurait tout à gagner dans un second tour face au candidat frontiste.
Enfin, ses détracteurs l’accusent de vouloir transformer le PS en parti de supporteurs. Et là, le coup de grâce : « Je respecte suffisamment les adhérents pour penser que, s’ils peuvent être des "supporteurs" c’est parce qu’ils ont des convictions. »
J’ai la conviction que toute cette histoire va mal se terminer.
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[1] Le Journal du Dimanche, 12/11/06, p.3
[2] Ordre juste & parler-vrai. Ah la belle rhétorique ! Je ne peux pas m’enmpêcher de penser à l’excellente caricature de Florence Foresti



