
Fortune et infortune de la femme mariée
Cette étude date de 1987, mais fut mise à jour récemment (2004).
Comme dirait Pierre Carles au sujet de Pierre Bourdieu [1], la sociologie est un sport de combat. Et chaque sociologue-guerrier peut décider de l’orientation de ses recherches. Ainsi, dès l’introduction, François de Singly livre les conclusions de certains de ses confrères. Certains montrent que les femmes mariées sont plus heureuses que les femmes célibataires. D’aucuns prouvent que les femmes mariées et que les hommes célibataires ont plus souvent des syndromes dépressifs (L. Radloff, 1975). Et le désenchantement conjugal se résoudrait de deux manières, pour les femmes actives par le divorce, et pour les femmes au foyer par la dépression.

- FEMME QUI PLEURE - PICASSO
Dans la postface, François de Singly indique clairement qu’au début du XXIe siècle, la vie conjugale a toujours un coût pour les femmes. Une égalité apparaît tout de même : « le partage du travail entre les conjoints est assez égalitaire lorsqu’il concerne la totalité du travail. » [2] Mais par travail, il faut entendre travail professionnel plus travail domestique. Les tableaux statistiques montrent clairement que la femme assume de plus en plus de travail domestique au fur et à mesure que le nombre d’enfants augmente. A l’inverse, l’homme doit assurer une plus grande part de travail professionnel. Mais il ne faut pas oublier que le travail est un pilier de l’identité masculine (S.Pochic, 2000).
Si les couples concubins arrivent à mieux partager le travail domestique, la donne change dès que l’enfant paraît. Le groupe conjugal se transforme alors en groupe domestique. « Autant une femme peut ne pas apprécier de faire telle chose en tant que conjointe, autant elle accepte de l’effectuer en tant que mère. Tout comme les hommes investissent plus en tant que pères dans le travail professionnel, les femmes investissent plus en tant que mères dans le travail domestique. » [3]

Les "moeurs" ont beau changer quelque peu, les réflexes d’organisation domestique ressurgissent dès que le petit sort son nez. Et les chiffres économiques (base de données du sociologue) indiquent clairement que, malgré des salaires hommes-femmes qui tendent à s’égaliser, ce sont bien les femmes qui héritent des temps partiels et des situations plus précaires. Dans dix ans, les choses auront-elles changées ?
La bio de Francois de Singly
Les référence de Fortune et infortune de la femme mariée
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[1] Un peu de politique ? voir les article Bourdieu balance Royal et Bourdieu 2
[2] p. 207
[3] p. 215



