
Fin de la métaphysique et naissance de la phénoménologie
Depuis longtemps, la philosophie utilise la métaphysique pour tenter de répondre aux questions qu’elle se pose, notamment sur la question de l’être. La métaphysique est le domaine propre de l’esprit, c’est une méthode de connaissance qui permet de passer du sensible au suprasensible, et de préparer à la pensée de l’être.
Le problème de la métaphysique est qu’elle étudie l’être de l’étant et non l’être en tel que tel. Elle ne vise pas à quelque chose comme la réflexion sur l’unicité des étantités, l’être des êtres-étants pour Platon, l’être divin suprême d’Aristote, le Dieu du christianisme ou le cogito de Descartes.
Pourquoi ? Parce qu’elle ne se sert plus d’une méthode empirique, mais de la ratio pure pour déterminer l’étantité des étants. Or c’est encore par la ratio pure que la métaphysique postule l’existence d’étantités auxquelles ne correspondent aucun étant, à savoir les étants-mathématiques et les étants-géomètriques. On comprend que des étantités auxquelles ne correspondent plus d’étants montrent les limites de la métaphysique. Axée uniquement sur l’étantité, la métaphysique n’étudie pas l’étant en tant qu’étant, ni l’être en tant qu’être.
Kant procède à la Critique de la raison pure métaphysique mais sa pensée continue d’être métaphysique.
Depuis que la traduction des auteurs grecs a progressé au XIX° et XX° siècles, on s’aperçoit que Parmènide questionnait déjà l’être en tant qu’être. Heidegger, sur les traces de Husserl, reprend ce doute sur la métaphysique et montre tout au long de son œuvre que la phénomènologie est mieux disposée à questionner l’être en tant qu’être.
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