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Médias - mercredi 15 novembre 2006

Enculeurs de mouche(s) - le retour

Bonne nouvelle ! Une lettre au courrier des lecteurs peut donner naissance à un bel article.

Il y a deux semaines, je rendais compte du courrier des lecteurs du Monde (l’article). Suite à ce courrier, Le Monde se penche sur le microcrédit et pose la question : Le microcrédit fait-il baisser la pauvreté ? [1]

Isabelle Guérin, chargée de recherche à l’Institut de Recherche pour le développement (IRD) reprend la plume. Et son constat est sévère : "Non, ce n’est pas un instrument de lutte contre la pauvreté et encore moins contre les inégalités." "Le microcrédit fonctionne plus comme un instrument de survie que de lutte contre la pauvreté ou de création de richesses."

D’après les études [2], 25% réussisent grâce aussi à leurs capacités entrepreneuriales, 50% améliorent la gestion de leur budget familial, et 25% voient leur situation s’agraver suite à leur échec. Ainsi, début 2006, un soixantaine d’empruteurs indiens se sont suicidés. "Ils étaient surendettés en partie du fait de la microfinance et harcelés par des agents de crédit peu scrupuleux".

Quant à la lutte contre les inégalités, le résultat est d’accroître l’écart entre les "très très pauvres" et les moins pauvres. Tout simplement car "la microfinance s’adresse en fait aux moins pauvres d’entre les pauvres." On est donc loin du succès annoncé. Et la conclusion d’Isabelle Guérin est nette :

« Les gens veulent y croire parce que le monde d’aujourd’hui est tellement désespérant. Mais tant qu’on aura pas construit des écoles et des hôpitaux, la microfinance n’aura qu’une utilité très limitée. »

Une bonne petite claque aux raccourcis-clavier des médias ! Merci à Robert Solé, médiateur du Monde, de faire remonter l’information.

Notes :

[1] Le microcrédit fait-il baisser la pauvreté ?, Le Monde, 14/11/06, supplément Economie p. IV - réponse "non" par Isabelle Guérin et "oui" par François Doligez

[2] études menées conjointement par Isabelle Guérin & Marc Roesch, chercheurs à l’IRD de l’Institut français de Pondichéry (Inde), et Jean-Michel Servet, professeur à l’Institut universitaire d’études du développement de Genève.

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Il y a 1 sujet et 1 message en réponse à cet article.
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  • Enculeurs de mouche(s) - le retour
    19 novembre 2006 à 19:15, par Claudius

    Si ça peut permettre à certains, même très peu nombreux, de garder un peu la tête hors de l’eau, c’est tout de même un petit résultat ... au moins pour les intéressés.

    Maintenant, effectivement, si grâce à ce phénomène des gouvernements se dédouanent de l’aide qu’ils doivent aux plus défavorisés de leurs administrés, c’est autre chose.

    Cette idée de micro crédit serait à mettre en application chez nous, sous le regard attentifs de contrôleurs sociaux afin d’éviter à quelques aigrefins de s’en mettre plein les poches.

    Il faut également que ce crédit accordé soit accompagné de conseils, voire d’un accompagnement "professionnel".

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