
Des aveux, mes aïeux.
A chaque nouvelle année, je me fixe de bonnes résolutions : arrêter de fumer, écrire plus, jouer la comédie, lire de la philosophie. Alors cette année, finies les nouvelles résolutions. Finie la méga-pression. Je vais juste tâcher de mettre à exécution ce que je m’étais déjà promis l’an dernier. Il est grand temps !
Sinon je risque de finir vieux bougon, comme un vieux volcan, une grosse croute prête à exploser, la lave aux lèvres. Si, comme le dit la pub, “chaque fois qu’un volcan s’éteint, un être s’éveille” ça voudrait dire qu’en France, 60 millions de volcans se sont éteints pour donner naissance à des consommateurs ? Comme quoi, le publicité fait réfléchir. Du coup, je ne comprend pas pourquoi le Président Sarkozy voudrait bannir la publicité de la télévision publique. A part pour augmenter les impôts. Ou pour revenir à l’âge de pierre de la télé où l’on faisait des émissions avec trois bouts de ficelle : un canapé, Denise Fabre et Garcimore. Ah ! Garcimore... Paix à son âme.
Mais je parle d’un temps que les jeunes lecteurs ne peuvent pas connaître. Le bon temps de Mardi Cinéma. C’est une des émissions cultes de mon enfance. Dans cette émission d’Antenne 2, Pierre Tchernia et Jacques Rouland accueillaient des vedettes de cinéma, pour parler des films en promotion. Vingt ans avant les talk-shows d’aujourd’hui qui épuisent la recette. En ces temps-là, il ne fallait pas rater sa star préféré. Tandis qu’aujourd’hui, on peut la revoir en boucle toute la semaine dans les multiples talk-show. J’ai la veine nostalgique, en ce moment. C’est peut-être l’une de mes dernières lectures qui en est à l’origine. Je viens de finir le récit autobiographique de Jean-Pierre Mocky, Cette fois je flingue. Et croyez-moi, ça balance sec. Et ça fait du bien.
« Venons-en aux cours d’art dramatique. Chaque fois que j’auditionne un jeune comédien, il me dit qu’il est ou a été au Cours Florent. A les entendre, j’ai l’impression que 95 pour cent d’entre eux sont passés par là.
Ils expriment une nullité et surtout un mimétisme remarquables. On dirait des extra-terrestres. Ils sont tous garçons et filles à peu près pareils. (...)
Les sommes demandées dans cette usine à faux acteurs sont démesurées, de l’ordre de 300 euros par mois. C’est un cours de riches. Voilà le véritable scandale qu’on passe sous silence. (...)
Le Cours Florent s’enorgueillit d’avoir découvert les acteurs dont on parle aujourd’hui. Ce n’est pas étonnant si tout le monde passe par cette usine.
J’estime aujourd’hui que le talent ne s’apprend pas, on est acteur d’instinct ou pas. On peut gommer certains défauts, enrichir des qualités, mais on ne peut pas s’acheter une personnalité, un caractère, un tempérament.
Dans ce sens, j’ai l’honneur de déclarer que les cours d’art dramatique sont d’inutilité publique. Tu veux être une star ? Compte sur toi-même, fais-toi une personnalité et envoie chier les profs ! » [1]
Il est des lectures salvatrices quand on se pose des questions sur son métier d’acteur. J’avoue que je suis en plein bilan. Non, ne vous méprenez pas, je ne suis pas en plein bilan comptable. Je suis en train de faire le point sur mon parcours, une sorte de bilan de compétence. Dans la même veine, j’ai lu Le mystère Luchini de Jean-Dominique Brière. Apprendre que Fabrice Luchini, après avoir fait ses premiers rôles au cinéma et les cours de Jean-Laurent Cochet, s’est fait boycotté car étiqueté "acteur intello", ça fait relativiser. En attendant, il a dû se résoudre à gagner sa vie autrement : distributeur de prospectus, vendeur de calendriers, coursier, ou vendeur de salades.
Qui dit bilan, dit bilan de blog. Depuis un an et demi, je poste des articles, au gré de mon humeur. Vous êtes quelques centaines à vous pencher plus ou moins régulièrement sur les élucubrations d’El Ronchon. Je vous remercie de me dispenser de commentaires sans intérêt, ça m’oblige à continuer. Une dernière lecture m’obligerait cependant à arrêter de commenter l’actualité. Je suis plongé dans un véritable retour sur la campagne présidentielle de 2007, grâce au témoignage de Ségolène Royal, Ma plus belle histoire, c’est vous. Ce livre est passionnant. La candidate revient point par point sur toutes les bourdes dont elle a été affublée, et les médias prennent une sacré claque. Car, aux dires des journalistes commentant le livre de Ségolène Royal, ils n’ont retenu que le rendez-vous raté entre la candidate socialiste et François Bayrou. Ce livre n’est pas une succession de ragots pipolitiques. C’est la démonstration de l’acharnement médiatique à la présenter comme une incompétente, tandis que Sarkozy était présenté comme l’homme de la situation. Et ça, les médias n’en parleront pas. Définitivement.
« Pour en finir avec les acteurs, avis aux garçons.
Si on a pris à ses débuts une bite dans le cul, on la garde toute sa vie. Si on a du succès, il n’est pas le même que si on n’avait pas eu au départ une bite dans le cul. » [2]
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[1] Jean-Pierre Mocky, Cette fois je flingue, Editions Florent Massot, 2006, p. 100-101
[2] Jean-Pierre Mocky, Cette fois je flingue, Editions Florent Massot, 2006, p. 105



