
Aristophane, les oiseaux.
Dans cette comédie grecque du IV° siècle, deux Athéniens, lassés de la bêtise et de l’avidité de leurs concitoyens, vont convaincre tous les oiseaux de s’allier pour créer une cité indépendante. Construite dans les nuées, entre la terre et le ciel, la nouvelle cité de Coucou-les-nuées est idéalement située pour régner sur les hommes d’en bas et affamer les dieux d’en haut, en empêchant les fumées des sacrifices de s’élever jusqu’eux. Rapidement, les dieux, mourant de faim, abdiquent et les oiseaux deviennent les dieux des hommes.
Les qualités de cette joyeuse comédie sont innombrables. Aristophane n’hésite pas à citer les noms de ceux dont il se moque et les Athèniens sont montrés décadents, corrompus et vils. Déjà les agglomérations urbaines sont considérées comme mauvaises. Railleries et déclinologie saturent aujourd’hui couramment l’humour et les médias. Autre modernité de la pièce, l’athéisme absolu de l’auteur : les dieux, affamés par le péage des fumées, impuissants et lâches, sont ridiculisés. Difficile également ne pas voir dans la cité de Coucou-les-nuées une sorte de première utopie socialiste, car les hommes et les oiseaux qui sont ennemis, les uns chassant les autres, vont s’allier, ainsi que tous les oiseaux, les proies comme les rapaces. Partage, égalitarisme et lutte contre une oppression injuste, tels sont les caractères révolutionnaires de cette savoureuse comédie.
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