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Politique - dimanche 15 novembre 2009

Pourquoi Sarko et Ségo se ressemblent

C’est simple et ça a le mérite de se vérifier. Merci Elie Arié. Merci Marianne.

Forum de discussion

Il y a 1 sujet et 2 messages en réponse à cet article.
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  • Il n’y a pas que Sarko et Ségo qui se ressemblent...
    18 novembre 2009 à 11:23, par Colas BREUGNON

    Étrange ressemblance, étranges convergences : BESSON & le « Redressement National »

    Deux portraits disponibles sur Internet, présentent à mes yeux une ressemblance (filiation ?) pas tout à fait fortuite :

    http://www.senat.fr/senimg/mitterrand_francois000379.jpg et http://www.article11.info/spip/spip.php ?article581

    Attardons nous sur la seconde : ce ténébreux, c’est Éric BESSON, député socialiste jusqu’en 2007. Un échantillon représentatif de la « génération Mitterrand ». Depuis janvier 2009 il cumule les fonctions de secrétaire général adjoint de l’UMP et ministre de « l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire » sous le règne de « Napoléon le Tout Petit » [1].

    Ce cliché ne vaut pas tant pour la pose : Besson qui regarde dehors, les yeux vaguement posés sur un avenir brillant, hautes responsabilités qui l’attendent ... Mais plutôt pour le côté daté qui se dégage du personnage, cheveux partant sur l’arrière - presque collés à la gomina - visage émacié et comme rajeuni, costume sombre et élégance stricte. C’est sur le passé que le ministre colle son regard, ce sont d’autres temps qu’illaisse à voir, retour en arrière confirmé par l’apparent rajeunissement du personnage. Romantisme funeste et funèbre de l’homme d’État soucieux de faire accroire qu’il entend aller au bout de son sombre rôle.

    L’AFP ne s’y est pas trompée, qui titre :

    « Besson relance spectaculairement le débat sur l’identité nationale ».

    C’est cela, en fait, que regarde Besson par la fenêtre : sa victoire à venir. L’organisation médiatisée de ces puants rassemblements, accompagnée de la remise en avant de la burka et - de façon générale – d’un climat « communautariste » avec ses cortèges de « religieux » et de « terrorisme », ira crescendo jusqu’aux élections régionales.

    Par un de ces « retournements sémantiques » dont la « Propoganda Staffel » a le génie, le ministre de 2009 affirme, comme aurait pu le faire son homologue de 1943 que « la mort politique du Front National [2] serait la meilleure nouvelle pour tous ». Nous savons tous que les idées des droites européennes n’ont jamais été aussi vivantes qu’aujourd’hui, et qu’elles peuvent même se permettre de récupérer à leur profit le « devoir de mémoire ». C’est cela que regarde Besson par la fenêtre : son sacre et le leur. Il se voit avancer dans la lumière du pouvoir.

    D’où la ressemblance frappante avec son illustre mentor, père d’une génération post-soixante-huitarde pour qui l’opportunisme et le révisionnisme sont les deux mamelles d’une carrière bien menée. Ce « portrait d’art » publié à mi-octobre par « Libération » a les relents d’une autre période, aussi sombre que ce regard qui lorgne vers les années trente ... et quarante !

    A cette époque, la France bien pensante préférait « Hitler plutôt que le Front populaire » et justifiait les rafles contre les « étrangers ... parce qu’à prononcer vos noms sont difficiles ... y voyaient un effet de peur sur les passants ».

    C’était le temps des Rastignons de Jarnac [3] débutant leur carrière avec la Francisque à la boutonnière ... (et qui la poursuivirent en mettant la « gégène » et tout le reste dans les mains des Massu, Le Pen & consorts)

    En ces temps de « Redressement National et Moral » , rares étaient ceux qui considéraient que ces « étrangers, et nos frères pourtant » méritassent qu’ « à l’heure du couvre-feu des doigts errants avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE, et les mornes matins en étaient différents ... »

    Aujourd’hui la « jungle » de Calais et le « centre de rétention » de Roissy ont remplacé le camp de Gurs et le « Vel’d’Hiv ».

    Mitterrand et Chirac ont remplacé Dalladier et Reynaud. Henri Guaino écrit, pour son haut-parleur, des discours que Pétain aurait pu prononcer. On signe à Lisbonne un nouveau Montoire. On intègre nos forces armées à l’OTAN comme la LVF l’était à la Wehrmacht.

    Nous sommes en Sharkoland [4] à la veille d’élections régionales...

    Elle est bien terminée l’aventure Gaulliste qui avait reconstruit l’indépendance et la prospérité de la France sur une armature de services publics nationalisés ! Plus les néo-pétainistes parlent de « valeur travail » et « d’ascension sociale au mérite », plus ils pratiquent le népotisme, plus ils bradent le pays, plus ils parlent d’identité nationale.

    Car leur "débat" ne porte pas sur la question nationale, problématique d’autant plus intéressante qu’elle concerne tous les peuples , de l’Irlande à l’Irak en passant par la Yougoslavie et la Palestine ... etc.

    A l’heure où les maîtres du monde commémorent bruyamment, dans un dégueulis de Berlinades sans fin, l’ « anschluss » de la RDA et de quelques autres dans la « zone Euro », leurs agents locaux font la promotion en France – mais aussi en Italie, en Belgique … etc – de la « sogennante nazionale Identität ».

    Parallèlement au débat que Besson lance dans les préfectures, la DST(ASI) se passionne pour les formes modernes de fichage et de vérification d’identité pour tous les individus.

    « Mais à l’heure de l’hortefeux, des gosses errants se font chopper comme des lapins "Morts pour la France" Et les mornes charters en seront différents ... » (sur la musique de Léo Férré)

    En ce début de XXIème siècle, les larbins du « Kapital » appliquent les mêmes principes qu’en 1871, 1914, 1939 … Mais dans la durée.

    Ils veulent réussir leur "Gross-Europa" Résistons !


    [1] : « Napoléon-le-Petit », c’était déjà pris, depuis Badinguet et Victor Hugo. Notons au passage que Napoléon III a systématisé la récupération de la figure de Vercingétorix au service de sa propagande nationaliste. On sait comment cela s’est lamentablement terminé à Sedan, Versailles et Belleville. Le colonel Rossel – futur communard – avait eu sur le sujet des accents Gaulliens dans ses échanges avec Léon Gambetta.

    [2] : En 1943, le Front National n’avait rien à voir avec le FN, parti fasciste de l’après-guerre d’Algérie. Créé le 15 mai 1941, il était dirigé par Pierre VILLON et constituait la représentation « politique » des Francs-tireurs et partisans français (FTPF). Il se consacra principalement à la propagande, à la fabrication de faux-papiers, au soutien logistique des clandestins mais aussi au sabotage. Les communistes furent les plus nombreux, mais il compta également, parmi ses militants et ses cadres, des membres de la SFIO, et de nombreux « sans parti ». Le Front National a été l’un des constituants du Conseil national de la résistance (CNR).

    [3] : Eugène de Rastignac est le héro Balsacien de « La Comédie Humaine ». Cf . « Le cul, le pognon, le pouvoir », commentaire publié en 2001 par le journal « Le Monde » à propos de la série « Rastignac ou les Ambitieux » réalisée par Alain Tasma pour "France2".

    [4] : « Shark » est la traduction anglaise de « requin » ou « escroc ».

    • Il n’y a pas que Sarko et Ségo qui se ressemblent...
      22 novembre 2009 à 15:29, par El Ronchon
      Petit hors-sujet !
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